L'étang du Grenouillis pocède une Histoire riche de plusieurs siècles, ses premières traces écrites, remontent en 1811. Nous savons grâce à la carte de Cassini que la route qui longe et mène à l'étang, actuelle C4, est un axe prioritaire avant même le 13ème siècle. Elle matérialise l'axe Niort -> La Châtaigneraie, c'est aussi la plus ancienne voie cartographié sur la commune. En ces temps anciens "Le Grénouilly" était une grande "marre", puis une pêcherie, et son apparition indiscutable se fera en 1811 sur le Cadastre primitif Napoléonien de Faymoreau.
C'est le 10 Février 1811, sous la mire de M. Derrien (ingénieur vérificateur), de M. J.Fau (ingénieur géomètre de 1ère classe) et de M. DeFaymoreau (maire de la commune, ça ne s'invente pas !), que nous retrouvons dans les archives départementales de la vendée, une carte très précise au 1:2500ème, de la marre du Grenouilly, datée de 1811. Selon le registre du cadastre Napolénonnien, la pièce d'eau, fait exactement 1329m2 selon le tableaux indicatifs des sections de la parcelle 156 en date de 1812. À cette époque, Le Grenoullis s'écrivait avec un "é" et un un "y" final. Nous voyons tout cela sur l'extrait de cadastre napoléonien, ci-contre, sous le N° de parcelle 156 : "Marre du Grénouilly" page 55 de l'ouvrage sur le site de la vendée.
A cette époque une très grande partie des propriétés foncières de la commune appartiennent à un certain M. Maullev, négociant à Hambourg (j'essaye de poursuivre cette piste pour savoir qui était ce très important propriétaire terrien du secteur, à suivre...).
Coté anecdotes, notez que "Le Grénoully" fait bien référence à l'abondance de batraciens qui peuplaient autrefois ce lieu. À cette époque, leur présence était bien plus marquée, et on peut facilement imaginer les soirées rythmées par leurs chants. Aujourd’hui, les grenouilles sont encore là, et nous en voyons encore tous les jours au bord de l'étang.
Nous retrouvons l'étang quelques décennies plus tard, en Août 1844 sous la mire de M. Babin, Géomètre en chef et la supervision de M. Bernard, directeur des contributions. Sa surface est modifiée et une pêcherie y est dessinée. Nous y voyons aussi des chiffres au crayon de bois, qui évoquent la destination des terrains pour le cadastre.
Cette pêcherie, en forme de pi "π", est très intéressante, son aménagement des berges avec des bassins communicants est parfaitement typique.
Les 2 flèches qui indiquent le déversement d'un bac à l'autre. Cette pêcherie est la seule répertoriée à des dizaines de kilomètres à la ronde.
A noter que les parcelles 733 (actuelle 715) et 740 (actuelle 711) ont déjà la forme qu'elle possèdent encore sur le cadastre d'aujourd'hui. Bien entendu tout ceci est visible, et largement documenté sur les archives de la Vendée
Les mois d'août sont riches en publications... 2 ans plus tard, en date du 02 Août 1846, sous la mire du géomètre Rouaud, on retrouve un nouveau relevé de la pièce du Grénouilly daté sur la carte d'état majore feuille 141, disposant d'une échelle bien moins précise que le cadastre. Mais l'on y voit une surface d'eau autours de 3500m2. On remarque donc que la surface d'eau à continuée de croitre au fil des décennies.
En ces temps là, le superbe étang de la digue n'était qu'un mélange de près et de bois humides. Pour rappel il fut construit 80 ans plus tard, en 1921, pour les besoins en eau de la centrale thermico-électrique qui ouvrira en 1922.
99 ans plus tard, le temps a fait son oeuvre, nous sommes le 8 juillet 1945, l'étang (la zone sombre le long de la route) ressemble à une grosse mare bordée d'arbres. Notez les très nombreuses haies présentes en 1945, avant la politique de remembrement (Le nombre de paysans et de salariés agricoles passe de 7 millions en 1946 à 3,8 millions en 1962. C’est le plus grand « plan social » qu’a connu la France). qui détruisit 70% des haies dans certains secteurs.
Nous voici à l'ère "moderne", en 1968, il est décidé de réaménager le domaine, avec non plus un mais deux étangs, en enfilade, ce qui demandera des mois de travail, puis une mise en eau progressive des étendues. Ainsi la surface est plus que doublée, passant des 3500m² du temps de Napoleon à plus de 9500m² à cette époque.
Nous voyons que les étangs sont en eau. L'ile n'existes pas encore et la végétation est réduite à son strict minimum. L'étang est neuf, il n'a pas encore son charme actuel, ni la faune ou la flore qui l'habite maintenant.
Vous noterez que le remembrement a fait son oeuvre, faisant disparaitre de nombreuses haies ainsi que la diversité des cultures à proximité de l'étang.
La végétation pousse, nous voyons ressortir des hêtres, des saules et quelques érables champêtres. La nature reprend ainsi doucement ses repères. On voit la plantation de tuyas le long de la route, aujourd'hui les plus gros ont des troncs de 50cm de diamètre.
Le saule pleureur à coté du logis a été planté déjà depuis 10 ans, il pousse, pousse... et s'écroulera en novembre 2021 lors d'une grosse tempête.
Première photos aérienne en couleur, on y voit nettement la vidange des 2 étendues d'eau et le curage complet qui y est réalisé. Ainsi que la construction d'une île pour renforcer le charme du paysage.
Le terrassement de l'accès et du petit parking est réalisé. Mise en pierre bleue pour un accès et un sattionnement aissé. Notez que les volières sud sont toujours là. C'était de l'élevage de faisans selon les information retrouvée de l'époque.
L'étang obtient son certificat d'antériorité, et il change de propriétaire, la végétation continue de pousser autours de l'étang. L'ile est recouverte d'arbres et la volière au sud a disparu.
Hors cadre (voir la page sur le remembrement), encore un arrachage de haies, les champs deviennes trop grands et plus sensibles à la pluie et aux coulées de boues hivernales.
Nous voila fin octobre 2021, nous avons signé la promesse d'achat il y a quelques semaines, et l'immense saule pleureur, en face du logis, vient de tomber. Dévasté par la tempête d'octobre 2021, nous nous résignerons à l'abattre pour éviter tous risques inutiles.
Nous avons une pensé pour Jean-Marie B, propriétaire de 2006 à 2021, qui nous a quitté précocement en juillet 2024. Je garde un souvenir ému de sa présentation des lieux et des conseils qu'il m'a donné lors de notre achat en 2021.
Avec une année 2024 marquée par l'abondance d'eau en hiver et au printemps, nous avons eu de nombreuses chutes d'arbres. Parmi les 2 peupliers, il n'en reste plus qu'un, l'autre est au sol et mesure plus de 29 mètres (ça en fait du bois) !
Les nombreux arbres sur l'ile se meurent, ils ont 36 ans et leur poids (les pieds dans l'eau) les font logiquement chuter. Ce qui offre une belle opportunité de protection pour les poissons. Cette Zone étant en refuge LPO pour nos amis à plumes, nous y touchons peu pour offrir un abris aux espèces aimant le bois mort.
A suivre...